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1985-1992

Natures mortes et autres dépouilles

La nature morte…passait pour un genre pauvre. C’était dans la peinture ce que la lettre est dans la littérature : la forme de représentation la plus basse, la plus courante…
[…]
C’était un art utilitaire, un soutien pour la mémoire, un catalogue peint. Elle représentait, certes…mais elle n’était pas elle-même, engagée à des fins de représentation.
[….]
Elle entretient, en tant qu’art démonstrativement modeste, un rapport précaire avec la vanité…Elle a aussi sa liberté. La liberté de celui qui ne compte pas.

Adolf Muschg, La lumière et la clef. Roman d’éducation d’un vampire , 1986, Paris : Gallimard

Mon travail s’est, depuis 1985, développé en peinture. C’est la Nature morte que j’ai d’abord privilégiée. Rentrer dans la nature morte, c’était rentrer dans l’espace des femmes : cuisine, objets banals du quotidien, nappes et linges, fleurs, petites choses, flétrissures et pourritures.

Au détriment de la pureté, ma peinture s’est glissée en dehors de l’espace traditionnel du discours sur la peinture pour s’infiltrer dans d’autres espaces plus physiques et plus théoriques aussi. J’y pose la question de la place de la femme dans l’image peinte, dans l’histoire et la tradition de la peinture et conséquemment dans l’histoire des sociétés et cultures occidentales.

La nature morte c’est…..
Le travail du temps d’être et de celui qui fuit : vanité.
Le travail du dépouillement : dépouille.
Le travail des restes de la ripaille de la grande peinture.