2001-2019

Les dessous de l’histoire:
les immigrantes

… depuis toujours, [je suis] travaillée par l’idée de «reste». Des retailles, des bribes, des fragments, des bouts… Des restes pas que dans l’assiette de la peinture mais dans l’Histoire et dans les histoires racontées sur et par des femmes. Ces restes, je ne faisais pas que les représenter ou les évoquer; ils étaient LE matériau premier, tant conceptuellement que matériellement.

Acrylique et encre sur toile de coton
768 tableautins de 13 x 18 x 2,5 cm chacun
Les dimensions de l’oeuvre sont liées aux conditions de présentation.

Collection

Collection du Musée d’art de Joliette
(2020.153.1-768)
Don de l’artiste

Historique d’exposition

2020-2022 – Les ouvrages et les heures, exposition individuelle au Musée d’art de Joliette (1er février – 6 septembre 2020), circulation au MA – Musée d’art de Rouyn-Noranda (26 mars – 16 mai 2021) et au Musée du Bas-Saint-Laurent (Rivière-du-Loup, 8 octobre 2021 – 30 janvier 2022), commissaire : Anne-Marie St-Jean Aubre

La désignation de «Filles du roi» vient de Marguerite Bourgeoys et s’applique, selon l’historien Yves Landry, aux quelques 770 filles orphelines ou issues de familles en mauvaise posture ayant probablement reçu l’aide du roi Louis XIV entre 1663 et 1673 pour leur transport et/ou leur établissement dans la colonie de la Nouvelle-France. C’est à partir des fiches descriptives des 768 immigrantes recensées par Landry grâce à l’étude des registres paroissiaux et des minutes notariales que MRZ a réalisé, pour chacune, un «portrait» leur octroyant une identité singulière, alors qu’elles sont généralement présentées de manière indifférenciée, en troupeau. Chaque fiche copiée répertorie: le nom et le prénom, les lieux et les dates de naissance et décès; les noms, prénoms des parents, leur statut (profession, mortalité); la date d’arrivée en Nouvelle-France; les lieu(x) et date(s) d’union(s); les nom(s), prénom(s) et profession(s) du ou des conjoints; le nombre d’enfants; l’aptitude à signer et les avoirs en biens et argent à l’arrivée. L’importance des Filles du roi pour l’histoire du Québec tient à leur taux de fécondité qui a bouleversé la démographie de la Nouvelle-France. Pourtant, on les connaît peu.

Anne-Marie St-Jean Aubre, extrait des textes accompagnant l’exposition Les ouvrages et les heures, Musée d’art de Joliette, 2020

2008

LES DESSOUS DE L’HISTOIRE (2)

Cette pièce refuse de se fixer. Disons qu’elle est instable, comme le récit qui la fonde. Elle a été exécutée à partir des données d’archives du répertoire des Filles du roi (Yves Landry). J’ai fait des petits tableaux/ fiches. Chaque fille a sa fiche, chaque fiche est un tableau, chaque tableau tente de faire image là où il n’y a pas de visage, peu de mémoire, là où il ne reste que la nostalgie et le flou d’une histoire lointaine. Ainsi, par le biais de la peinture et d’une réflexion sur l’image, mon travail tente de mettre en examen les pratiques d’écriture de l’Histoire. Cette œuvre intitulée Les dessous de l’histoire (2) et dans une autre version de montage, Les dessous de l’histoire (3), met de l’avant, entre autres à travers les possibilités qu’offre l’instabilité des espaces et de dispositifs de montage divers, des questions relatives à la fin de l’histoire, la fin du récit unique, la fin de la peinture, la fin de la nation. Elle a été exposée dans une première forme, celle de l’éclatement, à la Galerie B-312.

Acrylique sur toile
810 tableautins de 13 x 18 x 2,5 cm chacun
Les dimensions de l’oeuvre sont liées aux conditions de présentation.

Historique d’exposition

2011-2012 – Monique Régimbald-Zeiber : Les dessous de l’histoire (2), exposition individuelle à la Galerie B-312, Montréal (2 décembre 2011-21 janvier 2012)

2013

LES DESSOUS DE L’HISTOIRE (3)

Acrylique sur toile, pellicule mousse et ruban adhésif
300 tableautins de 13 x 18 x 2,5 cm chacun
Les dimensions de l’oeuvre sont liées aux conditions de présentation.

Historique d’exposition

2013-2014 – STAGE SET STAGE : sur l’identité et l’institutionnalisme, exposition de groupe à SBC galerie d’art contemporain, Montréal (20 novembre 2013-22 février 2014), commissaire : Barbara Clausen 

 

L’invitation lancée par Barbara Clausen de participer à l’exposition et aux événements de STAGE/SET/STAGE: sur l’identité et l’institutionnalisme a permis d’explorer cette instabilité du dispositif inhérente à l’esprit de cette pièce.

La commissaire Barbara Clausen dit : «L’élément central de STAGE SET STAGE consiste en une structure mobile intitulée Space Set / Set Space, une œuvre collaborative conçue en 2012 par Andrea Geyer et Sharon Hayes. Jouant le rôle d’un espace dans un espace, cette structure créera un cadre architectural et s’adaptera en fonction de toutes les phases et de toutes les œuvres de l’exposition. Space Set / Set Space est un dispositif spécifique au lieu qui offrira une plateforme aux participants, à partir de laquelle performer ou parler d’idées et d’enjeux liés à l’identité et à l’espace, et aux visiteurs, qui pourront s’y avancer pour prendre part au projet, ou rester simplement observateur. »

Enfermer la pièce, la cacher, l’offrir à la performance de Maria Hupfield comme base, socle de paroles, de danse, de revendication, de joie aussi.

 

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