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2014-2017

Agnes et les autres: dans l’atelier

MRZ s’active « à renouveler à chaque instant les potentialités que génère la fréquentation assidue d’œuvres littéraires. Ce n’est pas tant qu’elle y puise l’inspiration nécessaire à l’élaboration de ses projets de peintre; il s’agit plutôt pour elle de considérer d’un même élan les énigmes de l’image et du texte comme un moyen de faire surgir le sens, d’assurer la mémoire, d’inscrire au présent des morceaux par trop inconnus de l’histoire, en particulier celle des femmes. Sa Série des grandes romancières, qui explore l’œuvre des Anne Hébert, Jane Austen ou Elsa Morante, pour ne citer que celles-là, s’avère une mise en image du texte autant qu’une écriture de la peinture.»

Louise Déry, Éclats de Rome, 2008, Montréal : Galerie de l’UQAM, p. 6

Avec Nicole B.

LE TRAVAIL DANS L’ATELIER

Résistance à l’image, va-et-vient dans des lectures et des activités de textes conduisent  mon travail et donnent lieu à des événements imprévus de forme et de facture. Cette activité avec l’écrit régénère un rapport critique à l’image. La question suivante se pose: « En peinture, comment, sans recours à la figuration, rendre compte de l’apport des œuvres et des écrits des femmes dans l’histoire de notre civilisation ?»

J’ai toujours cru que la peinture, à partir de ses savoirs et savoir-faire, de son histoire et aussi avec ses limites, permet de faire remonter à la surface (littéralement) un ensemble de questions qui en renouvelle la facture et le langage tout en offrant la possibilité de repenser une approche de l’histoire des femmes.

Dans l’atelier, j’ai toujours travaillé en reprenant ce que j’imaginais être les gestes des artisanes et les voix des femmes. Là, les mots comme les images résistent et, justement, le travail commence où ça résiste. Dans mon travail, il y a des conversations et des rencontres avec des femmes qui ont fait des romans, des théories, des tableaux, des films, des robes, des linges de vaisselle, des nappes, des couvertures à diverses époques, dans des langues, des pays, des systèmes de valeurs différents. Les étagères de Virginia Woolf ne sont plus vides et l’énumération sera longue :  Marguerite Bourgeoys, Anne Hébert, Elsa Morante, Jane Austen, Agnes Martin, Nicole Brossard, Hannah Arendt, la Comtesse de Ségur, Annie Ernaux, Martine Delvaux, Gabrielle Roy, Emily Carr, Elfreide Jelinek, Simone de Beauvoir, Johanne Jarry, Claire Bretecher, Nelly Sachs, Nadia Boulanger, France Vernier, Anna Politkovskaja, Anna Akhmatova, Leslie Kaplan, Jane Campion, Marguerite Duras, Mireille Dansereau, Diane Létourneau, André-Line Beauparlant, Colette, Christa Wolf, Julie Belisle, Marie Brassard, Nina Berberova, Julie Doucet, Cynthia Girard, Nicole Jolicoeur, Nancy Spero, Marie-Claire Blais, Marina Yaguello, Germaine Greer, Mavis Gallant, Eva Hesse, Svetlana Alexievitch et tant dʼautres.

Il y a aussi la découverte des métiers, des ouvrages, des rôles et du travail des femmes, des mères, des soeurs, des servantes, celles qui n’ont ni voix, ni nom. Aux inventions et motifs sortis des mains des unes, je mélange les paroles des autres. Peaux, plans, mots, patrons, vêtements, tissus, nappes, couvertures…. un rang à l’envers, un rang à l’endroit.

Avec Agnes M.

Conversations entre Nicole B., Sophie de S., Eva H., Elsa M., Agnes M.

Avec Martine D. et André-Line B. 

Avec Svetlana A.

Avec toutes les autres: Emily C., Elfriede J., Simone de B., Johanne J., Claire B., Nelly S., Nadia B., France V., Anna P., Leslie K., Jane C., Marguerite D., Mireille D., Diane L., Colette, Christa W., Julie B., Nina B., Julie D., Cynthia G., Nicole J., Nancy S., Marie-Claire B., Marina Y., Germaine G., Mavis G.